Quand un caviste Champenois

propose des... Loire !

 

 ...Les AvInturiers ont confié leur dégustation du mois de novembre à Ludovic PASTE, caviste installé en Champagne, qui nous a proposé des vins issus de deux domaines de la Loire : le domaine Roger PABIOT et le domaine du Château d’EPIRE.

 

Logo CaveduBoisJoli

 

J’ai rencontré Ludo lors d’une petite soirée organisée chez un couple d’amis champenois. D’emblée, l’homme m’a sidéré par sa connaissance et son approche du vin. J’en ai appris beaucoup sur lui, sur son parcours un peu atypique : fac de langues et études de musique au sein de plusieurs grands conservatoires nationaux, avant de se lancer dans la vie active en passant par l’hôtellerie, la restauration puis enfin le vin… Pour l'anecdote, son premier vrai contact avec le vin, il l’a eu à l’âge de seize ans, sur un lit d’hôpital : sa grand-mère lui a débouché une bouteille de vieux bordeaux « pour qu’il se refasse le sang » !

Après avoir été responsable de cave pendant 5 ans, Ludo vient de se voir confier  la responsabilité de monter et de gérer « Le Bois Joli », un concept qui associe gastronomie et dégustation, situé entre Epernay et Reims, au coeur du Parc Régional de la Montagne de Reims. La cave a ouvert ses portes le 1er décembre. Elle est dotée d’un caveau vintage climatisé à 10 degrés, où l’on pourra dénicher de très vieux millésimes,  une deuxième salle, climatisée à une température plus supportable (pour les clients !) avec des flacons plus récents, un salon de déustation privé, et un bar à Champagne interactif !

Le restaurant ouvrira début mars 2014. Il alliera un espace bistro sympa et un espace plus "bistronomique". Le restaurant disposersa également d'une salle privatisable et d'une grande terrasse. Des vins de toutes régions y seront proposés « au verre », même dans  de  vieux millésimes…

Pour vous y rendre :

 La Cave du Bois Joli

 D951

 51160 Saint-Imoges

 

 

Notes de dégustation ...

  

Roger PABIOT et fils

  BOISGIBAULT

 58150 TRACY-sur-LOIRE

 

Le premier vin présenté, un Pouilly sur Loire 2011, s’avère d’une grande originalité : c'est un pur chasselas, aux accents marins (iode, marée…). Rond à l’attaque, mais droit comme un  «i», le vin affiche une certaine tension en bouche avec une finale relativement saline (et océanique !)… Avec des huitres, l’accord est vraisemblablement parfait !

On change totalement de registre avec le flacon suivant : un Pouilly-Fumé " Coteau des Girarmes " 2012. Le  nez est très fin et caractéristique de l’appellation. La bouche, au un profil tendre et harmonieux, est dotée d’un bel équilibre. Plaisant à boire dès aujourd’hui, il supportera aisément quelques années de bouteille de plus.

Un peu plus viril, le dernier vin présenté de ce domaine, un Pouilly-Fumé "Silex" 2009,  dégage de fines notes florales, fruitées et minérales. On aurait pu croire que le millésime, plutôt solaire, lui aurait enlevé un peu de sa fraîcheur, mais il n’en est  rien. Bien au contraire, nous nous trouvons face à un vin offrant une bouche traçante et une finale fraîche et saline avec, en rétro-olfaction, des arômes persistants de pierre à fusil.

Pour moi, le flacon le plus gastronomique de cette série !

 

 

CHATEAU D’EPIRE

SCEA BIZARD-LITZOW

49170 SAVENNIERES

 

Nous commençons la visite par les rouges, avec l’Anjou « Clos de la Cerisaie » 2011, un joli petit vin sur le fruit croquant (cerise, framboise). L’attaque est en dentelle, et la bouche, même si elle n’est pas d’une matière considérable, séduit par son équilibre et sa fraicheur. A boire, dès aujourd’hui ou dans les 2 ans à venir, sur une viande blanche.

Sur le millésime 2006, le « Clos de la Cerisaie »  se présente tout différemment. Les arômes sont plus évolués (sous-bois, venaison), la matière est un peu plus concentrée et les tanins sont encore très présents. Faut-il le boire dès aujourd’hui  (sur un gibier à plumes, par exemple)  ou faut-il attendre quelque temps pour qu’il s’assagisse  un peu ? Les avis sont partagés…

Passant sur les blancs, le Savennières 2004, nous offre une transition originale, avec un nez sur les fruits jaunes mûrs, le coing, le miel, et le safran…qui font penser à un vin moelleux. Mais la bouche dit tout le contraire, avec un extrait sec et minéral… on a vraiment l’impression de sucer des cailloux ! Cette persistance minérale s’efface cependant au fur et à mesure de l’aération, pour laisser place à des doux/amers avec une tension mesurée. Prêt à boire aujourd’hui, sur une volaille accompagnée d’une sauce blanche.   

Viennent alors deux  Savennières moelleux, que l’on peut accorder, au choix, soit avec le fromage ou soit avec un dessert aux fruits et à la vanille.

Le Savennières 2011, aux accents miellés au nez comme en bouche, joue davantage sur la rondeur que sur la tension. Facile d’accès, mais non dénué d’intérêt, le vin s’achève sur de jolies notes de fumé. On peut l’apprécier dès aujourd’hui, à sa juste valeur, ou lui accorder encore quelques années de plus.

Le Savennières 2007, quant à lui, présente un caractère plus épicé avec quelques notes citronnées. La bouche est un peu plus rugueuse et moins consensuelle que le flacon précédent, même s’il a conservé un certain équilibre. Un fromage à pâte persillée constituerait vraisemblablement un bel accord.

 



" Heureux le pays qui, comme la France,

peut draper sa nudité d'une jupe de vignes"

                                                                                                 Louis Orizet



Ouais-Ce-vrai-ca[1]